Motivation des employés

Amis,

Il y a quelques semaines, j’ai eu une grosse journée. J’ai travaillé pour deux, car mon livreur n’est pas venu travailler pour la énième fois. J’imagine qu’il a eu une petite semaine, car il a perdu sa « job ».

Cet évènement me pousse à réfléchir beaucoup car je termine ma deuxième année avec des employés à ma charge.

Je me pose beaucoup de questions à savoir ce qui motive un employé et je vais vous faire part de mes découvertes à travers une histoire vraie. Vous pourrez vous en inspirer et l’appliquer dans votre restaurant, votre bar ou une entreprise de votre choix.

Je vous recommande de lire jusqu’à la fin, car avoir de bons employés permet de réussir en entreprise.

Commençons par l’histoire.

C’était en février il y a environ 3 ans et demi. Je devais aller à Laval pour arranger quelques papiers et par souci d’économie, j’ai décidé de ne pas utiliser le stationnement payant de l’édifice gouvernemental.

J’ai donc stationné chez « Jim le roi du sous-marin » ou quelque chose comme ça. Il faisait un froid de malade et j’ai couru ma vie pour ne pas rester figé sur place. À quelques coins de rue de là, un gars, l’air un peu perdu me demande une information.

Je conserve mon élan et lui dit : j’ne sais pas, chus pas d’Laval. Son bronzage me dit qu’il n’est trop pas d’ici. Je pense : « merde, c’est chien». Il vente, il fait frette, je reviens et je lui dis : « je ne sais pas ce que tu cherches, mais viens dans le centre d’achat et on va chercher sur mon téléphone ».

On marche rapidement.

-Tu viens d’où ?

-Cameroun…

-Damn.

-Ça fait combien de temps que tu es ici ?

-3 jours…

-Daaaaamn

On arrive dans le centre d’achat, je lui donne les infos qu’il cherchait.

-Voici mon numéro. Appelle si tu as des questions sur le Québec.

-Ok merci…

Le lendemain, il m’appelle. On s’est vu dans un café. Je lui ai donné une foule d’infos. Après, il m’a suivi chez mon fournisseur de fromage et puis chez celui qui répare ma machine sous vide.

S’ensuivent des mois d’entraides et d’amitié. J’en ferais une longue histoire, mais je le garde pour une autre fois.

3 ans et demi qu’il est ici.

Sa fille est là-bas. Son amoureuse. Sa famille… Imaginez-vous séparé de vos êtres chers et sans possibilité de les revoir avant quelques années…

Il a déjà une maitrise, mais bon, ça ne vaut pas grand-chose ici.

Dès qu’il est arrivé, il a commencé à travailler et a réussi à trouver son chemin dans les dédales de l’UDEM et du gouvernement. Quand tu veux vraiment, la bureaucratie, tu finis par la comprendre!

Accepté au baccalauréat en génie logiciel, l’aide financière et tout le kit. Bravo !

Ne lâchez pas j’arrive à la conclusion.

Au travers de ça, sa sœur est diagnostiquée d’un cancer du sein. Il fait encore plus de sacrifices pour lui payer des traitements, tout en maintenant le focus sur ses études.

Ces études-là sont extrêmement difficiles. Il réussit quand même tous ses cours.

J’étais inquiet pour lui. Il vit avec moins que rien, le reste, il l’envoie à sa famille. Parfois, je trouve qu’il devrait en garder plus pour lui.

Sa sœur est décédée tout à l’heure.

Je lui avais dit d’aller la voir avant que ça arrive. Il m’a répondu : « Je ne peux pas arriver les mains vides ».

Il a raison. Ça coute 1500$ un billet. Il préfère envoyer cette somme à sa famille et sa sœur plutôt que d’y aller.

Aujourd’hui, il est triste.

Mais durant toutes ces années, je n’ai pas entendu de plaintes de sa part. Rien de négatif. Je l’ai vu fatigué, mais l’air bête, jamais. Quand j’ai un « down » je pense à lui.

Ce jour-là,  mon livreur n’est pas venu travailler, car soi-disant il s’est un peu tordu la cheville. Ça, c’était après les grippes, maux de ventre et toutes les excuses que j’ai reçues.

Toutes ces excuses auraient pris le bord si sa famille en dépendait. Vous voyez, lorsque vous travaillez, vous poursuivez un but. Dans le cas de mon ami, aider sa famille est prioritaire. Il doit donner tout ce qu’il peut pour retourner dire bonjour le plus vite possible. Les entreprises qui l’ont engagé durant l’été ont toutes voulu le garder. Il est méga motivé, à l’heure et souriant.

Mon conseil : Engagez des immigrants. Comprenez le but qu’ils poursuivent et donnez leur la chance.

Je connais beaucoup d’immigrants. Ils ont tous des histoires de fous.

Les immigrants ont une vie à refaire. Ils commencent en arrière. Ils sont méga motivés, car ils ne peuvent pas échouer.

Ils vont apprécier que tu leur donnes une première chance. Ils te seront fidèles.

Ils vont éventuellement te quitter, car l’emploi que tu leur proposes n’est peut-être pas dans leurs domaines.

Par contre, ils en parleront à d’autres immigrants et si tu as été un employeur juste, ils te recommanderont à leurs amis et à d’autres qui arrivent.

Je te dis juste qu’ici au Québec, nous sommes gâtés et privilégiés (c’est correct). C’est juste que ça enlève de la motivation à beaucoup de candidats.

Pour motiver les gens, j’applique une technique et celle-ci s’applique à tout le monde. J’essaie toujours de comprendre le but que les candidats poursuivent au-delà du salaire. Et ça fonctionne.

J’avais une étudiante et elle avait besoin de commencer l’après-midi, je lui ai donné cette possibilité. J’avais une retraitée en difficulté financière, je lui ai donné la possibilité d’être payée rapidement. J’ai eu un ingénieur Iranien qui avait besoin d’améliorer son français, je lui ai permis de parler avec des québécois afin de sortir de son cercle fermé. J’ai eu un jeune programmeur, je lui ai donné accès à mon site web pour qu’il s’amuse. Aujourd’hui, j’ai une étudiante en travail social, elle était tannée d’être dans un bureau, la voici sur la route et heureuse.

Trouvez ce qui motive les gens au-delà du salaire et choisissez-les en fonction de cela.

Bonne chance !

 

PS : Je fais partie du comité « Montréal ville durable 2016-2020 » et je travaille dans le groupe pour l’intégration des nouveaux arrivants. Je vous tiendrais au courant des nouvelles en relation avec ce projet

 

PSS : La prochaine fois je vous conte l’histoire du propriétaire de Montréal Nachos vous allez capoter.